J’ai déjà écrit quelques articles sur la périménopause, et si tu veux en savoir plus, tu peux utiliser la barre de recherches.
Aujourd’hui, nous allons aborder les premiers symptômes de la périménopause, et contrairement à ce que nous avons toujours entendu, les bouffées de chaleur ne font pas partie des premiers symptômes. Ni même l’absence ou l’espacement des règles.
L’un des premiers symptômes soudain et violent est l’anxiété. Une anxiété nouvelle. De nouvelles phobies. Qui apparaissent vers la fin de la trentaine ou le début de la quarantaine chez la femme. Et je le dis d’entrée : Cela ne définit pas qui tu es, ce sont simplement tes hormones. Ce n’est pas un nouveau trait de caractère, un manque de discipline, un manque d’efforts, un changement d’habitudes ou d’hygiène de vie, ce sont les hormones. Je le répète parce qu’il est parfois difficile de faire la part des choses, et quand on commence à consulter pour ce symptôme, même s’il est accompagné d’autres symptômes significatifs de la périménopause, le premier traitement d’intention de la part des médecins, ce sont les antidépresseurs et les anxiolytiques. Non pas que ce soit une mauvaise chose d’y avoir recours quand tout devient trop lourd à supporter. Cependant, il faut quand-même rappeler que l’origine des maux et symptômes, c’est la fluctuance quotidienne, voire même, d’une heure à l’autre de l’oestrogène notamment et de la disparition progressive et en premier lieu de la progestérone.
Pour rappel, si vous expérimentez une anxiété violente pour la première fois de votre vie vers 40 ans, il ne s’agit pas d’un trouble panique. Une étude de 2021 ( Solmi et al. Mol Psychiatry, 2021) nous indique que l’âge moyen de l’apparition des troubles paniques est 25 ans. Pour le trouble anxieux généralisé, c’est 31 ans, et enfin les phobies apparaissent durant l’enfance entre 8 et 13 ans.
La disparition progressive de notre anxiolytique naturel qu’est la progestérone, empêche la métabolisation de l’alloprégnanolone qui est censée se lier aux récepteurs GABA. Tu as déjà peut-être entendu parler des GABA, on le retrouve dans les aliments riches en glutamate et les aliments fermentés. L’instabilité de la progestérone conduit à une rupture du GABA ( Mc Evoy & Osborne, Int Rev Psychiatry, 2019).
Idem pour l’oestrogène. Ce n’est pas sa baisse qui conduit à l’anxiété mais son instabilité. D’une semaine à l’autre, les fluctuances sont de plus en plus grandes. Et plus on a de l’anxiété, plus on sécrète du cortisol. L’oestradiol est l’interrupteur préfrontal de ton amygdale (dans le cerveau). C’est totalement mesurable via un IRM ( Zeidan,biol psychiatry 2011). L’extinction de la peur échoue et les phobies se cristallisent.
Le problème majeur, c’est que même si des études viennent soutenir ce bouleversement chimique et neurologique, les médecins français restent frileux voire même complètement hermétiques à l’idée de proposer des traitements hormonaux de substitution à des patientes qui n’ont pas atteint l’âge de 50 ans ou dont les règles n’ont pas totalement cessé. Le fait de proposer des antidépresseurs avant toute chose, c’est nier les ressentis des femmes qui du jour au lendemain voient leur santé mentale décliner radicalement et leur corps changer au point de répéter constamment : Je ne me sens plus comme moi/Je ne me reconnais plus.
Et ce n’est pas un caprice soudain ou un effondrement émotionnel, même si la périménopause vient amplifier les traumas passés et peut révéler des neuto atypies (j’en suis la preuve vivante. Après une vie à me sentir différente, on a commencé à me parler de ma neurodivergence à l’arrivée de la périménopause, alors qu’elle devait être là en guest star depuis toujours).
Notre système nerveux est le premier impact par la fluctuance hormonale. Et il est important de demander avant toute chose à son médecin, une ordonnance pour faire des dosages sur des marqueurs via une prise de sang. Non, la périménopause ne peut pas être officiellement révélée par une prise de sang, mais certains marqueurs peuvent venir confirmer les symptômes.
On peut très bien contrôler : la dominance en oestrogène, la baisse significative de la progestérone ainsi que la testostérone, les dysfonctions de la thyroïde et de l’hypophyse, les marqueurs inflammatoires, les carences en vitamines, la glycémie et la possible apparition d’une insulino résistance ( prise de poids soudaine sans changements de l’hygiène de vie).
Il faut vraiment s’armer de patience face au système médical et accepter aussi l’éventualité, comme c’est le cas pour moi, que le traitement hormonal de subsitution ne convient pas à toutes et qu’il faut naviguer la périménopause avec d’autres outils.
L’essentiel c’est de ne pas s’isoler, d’en parler, à des professionnels, d’en changer s’ils ne sont compétents, à son entourage pour informer, et à d’autres femmes qui vivent la même chose, pour trouver un point d’ancrage.


Z’en pensez quoi?