Depuis le début de ma périménopause, et ça a été l’un des premiers symptômes, j’ai la joie d’être accompagnée d’une anxiété intense. Que je n’ai jamais connu avant. J’ai toujours été un prototype humain stressé. La spasmophilie m’a suivie de mes 15 ans à mes 35 ans. J’ai fait aussi par le passé quelques crises d’angoisse. Mais cette anxiété là, depuis un mois et demi, me réveille souvent très tôt le matin, violemment, avec la boule au ventre. Ce sont les hormones, le pic de cortisol au réveil, les fluctuations d’œstrogènes qui secouent le corps sans prévenir. C’est physique, mais l’impact est partout. Mon esprit s’emballe, mon cœur cogne, et tout semble menaçant alors qu’en réalité, rien ne justifie cet état.
Au début, je ne comprenais pas. Je pensais que je faisais quelque chose de mal. Je cherchais des solutions pour arrêter l’anxiété, pour la contrôler, pour “gérer le truc”. Mais plus je cherchais à la repousser, plus elle prenait de place.
Au cours des dernières semaines, j’ai compris que l’anxiété n’est qu’une émotion. Inconfortable, oui. Parfois brutale. Mais ce n’est pas une vérité. Elle ne dit pas ce qui va arriver. Elle dit juste : « Yo, là je me sens en danger, j’ai peur, qu’est-ce qui se passe? » Mais ça ne veut pas dire que cette peur est fondée. Dans mon cas c’est hormonal.
Quand je peux, je ne cherche plus à l’effacer. Je la laisse exister. J’essaie de l’écouter sans la croire. Et surtout, je fais ce que j’ai à faire même si elle me dit que je ne peux pas. Je me lève. Je bouge. J’avance. Je parle aux gens. Parfois avec la gorge serrée. Mais je le fais quand même.
Ça ne veut pas dire que c’est facile tous les jours. J’ai encore des moments où c’est dur. Mon anxiété s’accompagne de pensées intrusives ( ça aussi, nouveauté, je découvre le concept, et je ne recommande pas. Apparemment c’est aussi un symptôme commun en périmenopause) parfois absurdes, parfois violentes. Cela m’a conduite à vomir tellement c’est dérangeant. C’est une conséquence d’un stress post traumatique après avoir corrigé un livre pour une autrice, qui a visiblement réveillé des traumas. Ce sont des pensées qui ne me ressemblent pas, mais qui surgissent avec l’intensité de l’urgence. Dans ces moments-là, je me rappelle que ces pensées ne sont pas des choix. Elles ne sont pas des vérités non plus. Ce sont des manifestations d’un système nerveux fatigué, déséquilibré. Et parfois je sombre encore. Je pleure. C’est un processus. Mais savoir c’est pouvoir. Et je SAIS que l’anxiété est une menteuse qui se trompe.
J’ai compris que l’anxiété est une émotion. Juste ça. Pas un signal d’alarme fiable, pas une vérité absolue, pas un avertissement de danger immédiat. Une émotion comme une autre. Comme la tristesse, la colère ou la joie. Elle est souvent plus bruyante, plus physique, plus envahissante, mais ça ne la rend pas plus vraie.
Cette peur n’a pas de cause claire. La preuve, elle me réveille parfois la nuit, alors que je ne pense à rien. Parfois elle se déclenche comme pour moi à cause d’un déséquilibre hormonal ou d’un traumatisme non résolu ou d’une fatigue accumulée. Il faut juste retenir qu’on n’a pas besoin de lui donner tout le pouvoir. On peut l’accueillir, la ressentir… sans la laisser diriger notre vie.
Et si ça devient trop envahissant. On en parle. On ne vit pas avec sans rien dire. On lui ôte son pouvoir en l’identifiant.
J’avais écrit un article avec 4 techniques simples pour aider ton corps et ton esprit quand l’anxiété devient trop lourde. Tu peux le lire ici.


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