Il faut savoir poser les mots. J’ai fait un gros, gros burn out. Alors je sais qu’il existe un fantasme populaire comme quoi les médecins et naturopathes ou autres professionnels de la santé ne tombent jamais malades et je ne l’ai jamais compris d’ailleurs. Ce n’est pas parce que notre métier est centré autour de la santé holistique, que nous détenons toutes les clés de la santé. Sinon tous les professionnels de la santé seraient immortels!
Alors, je me suis fait un protocole naturopathie. Comme si je l’avais fait pour une patiente. Et je me suis posée les questions difficiles. Je me suis demandée pourquoi autant de traumas étaient remontés là, maintenant. Mon dernier gros burn out date de 2018, (c’est intéressant dans un sens, car si on fait une moyenne du temps que prennent nos multiples cellules diverses et variés dans le corps, et notamment tout ce qui touche aux os, on arrive sur une durée de 7 ans approximativement, même si ce n’est pas une science exacte. Il existe pas mal de croyances ésotériques qui avancent aussi ce cycle de 7 ans en terme de changement, renouvellement, évolution, mais je laisse l’ésotérisme aux concernés). Il avait duré quelques mois. C’est d’ailleurs ironiquement la raison qui m’a conduite vers mon chemin de naturopathe.
Bréné Brown, qui est conférencière et chercheuse en sciences humaines et sociales a dit un jour : » Gasping for air while volunteering to give others CPR is not heroic ». En français ça donne : J’ai compris que peiner à reprendre mon souffle en faisant du bouche-à-bouche pour sauver quelqu’un n’est pas un acte héroïque.
Juste avant mon burn out, j’avais décidé que mon Instagram deviendrait l’espace de quelques semaines un lieu de révolution de la pensée, surtout sur des sujets qui ont à voir avec les femmes. Plus que jamais convaincue que quand on a une plateforme quelconque qui atteint une audience, il faut s’en servir pour faire évoluer les mentalités et se diriger vers un monde meilleur. Un caillou à la fois. (Mon côté INFJ). Mais j’étais en pleine tourmente personnelle. J’étais à l’apogée de ma colère de vivre dans un pays que je n’aime pas. J’étais épuisée de devoir tout affronter encore et encore seule. Une blessure de sport m’a forcée à être manipulée plusieurs fois en ostéopathie. Et mon corps ne l’a pas supporté. J’étais en train de vouloir changer la face du monde (modestement) alors qu’en moi se préparait une tempête intérieure d’une violence inouïe. Je n’ai encore pas tout à fait sorti la tête de l’eau.
Comment ai-je identifié mon burn out? Cela dépend d’un individu à l’autre évidemment. Pour moi cela s’est manifesté par des insomnies violentes, des troubles digestifs, de l’anxiété multipliée par 100, zéro motivation, aucun goût pour le travail, symptômes dépressifs, isolement social (bon, j’avoue que je suis déjà super solitaire, maman célibataire, une amie qui est toujours là via whatsapp mais pas de village de soutien..). Bref. La totale.
Mais l’expérience aidant, ainsi que mon métier (et c’est là que toutes les choses que je mets déjà en place au quotidien et que j’enseigne dans mes divers programmes pour celles qui sont vaillantes et qui ont vraiment envie de mettre la santé au coeur de leur priorité) , j’ai tout de suite mis des mesures en place pour me remettre, avec l’aide d’Allah, de ce burn out, le plus rapidement possible. On m’a posé une question sur Instagram avant tout cela, et c’était : Est-ce que tu t’es déjà faite aidée par un professionnel de la santé mentale pour travailler sur tout ce que tu as vécu et ressenti depuis que tu es née? La réponse est : non. Mais ce n’est pas un badge d’honneur, et j’avais d’ailleurs répondu que ceux qui ont les moyens, le temps, et sont prêts à vraiment se remettre en question et accepter que ce voyage intérieur de thérapie sera laid, long et inconfortable, qu’ils se fassent suivre par un thérapeute qui leur convient. Perso j’ai des rames. Et je rame avec depuis des années. Du coup, mes progrès sont là. Assurément. Mais lents. Fastidieux. Et ce n’est définitivement pas pour tout le monde. Alors si tu es comme moi et que tu veux quelques solutions, inspirées d’ailleurs de la thérapie pour te remettre d’un burn out, voilà les 5 choses sur lesquelles je suis intransigeante en période de guérison.
1– Zéro réseau social jusqu’à nouvel ordre : J’ai écrit un mini ebook entièrement gratuit ICI il y a quelques mois pour te parler des raisons pour lesquelles les réseaux sociaux te rendent malades. Alors oui, je n’ai qu’un réseau social et c’est Instagram. Mais dès que j’ai vu que ma santé se dégradait, j’ai tout de suite désactivé mon compte. Parce qu’on ne verse pas d’un réservoir vide. Et que scroller nous donner l’illusion de nous détendre et nous divertir (même si je ne saute pas de stories en stories car je trouve que c’est un peu du voyeurisme), alors que c’est totalement l’inverse. Ca bousille le système nerveux, crée des pics de cortisol si c’est la première chose que l’on fait en se réveillant le matin, affecte l’estime de soi, surtout si on ne fait pas de boulot en amont pour apprendre à se connaître et à s’aimer dans l’imperfection. C’est chronophage. Ca pousse à la procrastination. Bref. Ce n’est pas un moyen de s’évader. C’est une prison dorée qui n’aidera pas en aucun cas dans une période de burn out. Il faut conserver le maximum d’énergie et scroller est énergivore. Je redoute d’ailleurs la réactivation de mon compte. Je sais que c’est essentiel pour la survie de mon business ( Ma boutique Natureetnaturo a pile poil un an et je remercie toutes les personnes qui ont été clientes d’ailleurs et satisfaites de leurs achats.) Instagram est ma seule plateforme de publicité et je trouve que pour une boutique qui n’a qu’un an d’existence je m’en suis plutôt bien sortie (même si je ne génère pas encore un salaire suffisant pour en vivre tous les mois, c’est génial d’avoir des gens qui m’ont fait confiance toute cette année et qui prennent leur santé au sérieux, cf la capture d’écran ci-dessous) :

2- Je me suis remise en quête de mon « pourquoi »? J’ai écrit toute une newsletter dernièrement sur l’importance de définir son pourquoi lorsque l’on prend des résolutions ou qu’on est sur le point d’entamer des changements dans sa vie. Mais c’est aussi vrai pour la vie de tous les jours. Redéfinir la raison pour laquelle on est qui l’on est, que l’on fait ce que l’on fait, que l’on vit là où l’on vit, que l’on fréquente telle ou telle personne. Pourquoi? Par confort? Par habitude? Par fatalité? C’est aussi le moment de se redonner des buts, mais pour lesquels tu n’as pas de deadline particulière et qui sont entièrement alignés avec tes valeurs, tes envies, tes centres d’intérêt et tes forces. La priorité absolue : Prendre soin de soi. Sans concessions. Sans culpabilité. Sans limites de temps. Nourriture adaptée, compléments adéquats (jamais sans mon magnésium ou mes plantes adaptogènes qui sont mes alliées depuis des années, tu as un complexe sérénité à base de griffonia ici chez VALEBIO qui est génial ou encore un autre chez INOLAB avec du rhodiola, mon chouchou qui est bio, tu peux choisir celui que tu préfères), boisson chaude au soleil…

3- Répéte sans cesse que la guérison n’est pas linéaire : Et que c’est ok d’avoir des moments où notre corps et notre esprit doivent faire une grosse mise à jour de temps à autre. Tu peux être consciencieux dans ton cheminement vers la guérison, faire » tout ce qu’il faut », on n’est qu’humains, et il y a des choses qui sont absolument hors de notre contrôle. Quand tu fais vraiment ce travail en profondeur, il faut que tu sois totalement honnête avec toi-même et que tu comprennes quel rôle tu joues vraiment dans ta propre souffrance. Il faut assumer entièrement ces choix. Et vivre avec. Sans ce processus, même si tu veux changer et aller mieux, tu n’y arriveras pas. Non, ce n’est pas les autres, la société, c’est TOI. Et voyager intérieurement à sa rencontre, et à la rencontre de tous ses défauts, ses manquements, ses traumas, c’est moche. C’est dur. Et ça implique que parfois, on revive ou ressente des choses qu’on pensait avoir déjà mises derrière nous. Bienvenue dans le monde complexe de la guérison. Et tant pis si les autres jugent que tu en fais trop, qu’eux arrivent à survivre (note bien l’emploi du mot « survie ») sans faire autant d’introspection. Nous, on aspire à être des gens « sains », qui se remettent en question en permanence, qui veulent apprécier la vie à sa juste valeur.
4- Reprogramme ton cerveau pour en tirer le maximum : On vit la majorité du temps en pilote automatique. Dans ce monde à cent à l’heure où l’intelligence artificielle remplace du plus en plus souvent l’humain, où on a de moins en moins de droits et de plus en plus de devoirs, on fait. On EST très rarement. Alors tu me diras qu’on ne peut pas tous vivre comme des marginaux apolitiques ( j’assume) et certains d’entre nous ont besoin de la structure de la normalité pour se sentir cadrés et appartenant à quelque chose. A chacun sa conception de la vie. On est tous plus ou moins condamnés au rythme » go,go,go ». Mais en période de burn out, c’est impossible de suivre ce rythme. On doit absolument privilégier le réapprovisionnement de bases solides qui viendront sceller les prochains mois et prochaines années. S’instruire, lire pour le plaisir, écrire dans un carnet (surtout avant de dormir le soir pour se libérer l’esprit et éviter de se torturer alors qu’on devrait se reposer.) Planifier ou faire des listes. Se libérer le maximum d’espace mental pour des choses jolies. Le but à terme c’est de revenir vers une productivité douce et qui nourrit ton « pourquoi ».
5- Acceptation, gratitude et chill : Je suis revenue à mes amours d’adolescente. Je ne souhaite pas être qui j’étais, mais je me sers de ce qui m’a construite pour redessiner les contours d’un moi en devenir qui tire des leçons du passé. Je pratique énormément l’auto suggestion. Le cerveau croit tout ce qu’on lui raconte. Et si tu te racontes des choses pas jolies, ton cerveau se programmera en conséquence (oui j’ai fait quelques études en neurosciences). Alors on ne lésine pas sur les phrases auto-suggestives, le matin au réveil c’est parfait. Si tu veux quelques exemples en voici :
- Rien ne dure. Tout passe.
- J’ai déjà affronté des épreuves avant, je peux arriver à gérer celle-là.
- Si je ne peux pas le changer, ça ne sert à rien de stresser.
- Je n’aime pas ce qui se passe, mais ça arrive quand-même.
- Je n’ai pas le choix que d’accepter ce qui m’arrive.
- Je contrôle mes réactions, pas les situations.
Et j’essaie de pratiquer la gratitude. Attention, j’ai eu des gros down durant ce burn out. Jusqu’à questionner mon existence. Toute l’accumulation, des derniers mois, mais aussi des dernières années, ce poids permanent d’assumer tout, toute seule en permanence alors que je n’aspire qu’à passer des heures en cuisine pour régaler mes enfants, marcher dans l’herbe, aller chercher les oeufs de mes poules, ne faire qu’un avec la nature, forcément, ça use. Et je sais que ces derniers mois ont été hyper éprouvants pour mes grandes surrénales. Mon ami le cortisol s’est donc invité, ce qui je pense, a fortement contribué à cet état de burn out. Donc gratitude. Pour les plus petites choses de la vie. Je t’assure que je parle avec des femmes qui sont tellement dans leur routine, qu’elles ne rendent plus compte des privilèges qu’elles ont. Qui sont intimement persuadées que leur normalité est celle de tous. Avoir un frigo rempli. De l’eau chaude dans le robinet. Du chauffage à la maison. Des achats à Action, Maisons du monde systématiques. C’est la base pensent-elles. Pour vivre sans chauffage, n’avoir de l’eau chaude qu’une fois sur deux, voir tous les jours de ma fenêtre des familles fouiller dans les poubelles en bas de chez-moi, la gratitude devrait être la base. Surtout en période de burn out. Se rappeler qu’on parle, qu’on voit, qu’on marche, qu’on respire.
J’espère que cet article aidera plein de femmes qui vivent un burn out. Et qui cherche des clés efficaces pour s’en sortir. Doucement. En s’aimant.


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